Assistant médical : le guide complet du dispositif de l’Assurance Maladie en 2026
7 octobre 2026
Lancé en 2019 par l’Assurance Maladie, le dispositif assistant médical permet à un médecin libéral de recruter un professionnel qui le décharge d’une partie des tâches administratives et de préparation des consultations, avec une aide financière à la clé. L’objectif est simple : libérer du temps médical pour suivre davantage de patients. Ce guide fait le point sur le fonctionnement du dispositif en 2026, les conditions à remplir, les montants de l’aide, et ce que cela change concrètement dans l’organisation de votre cabinet, en particulier pour le secrétariat.
Qu’est-ce que le dispositif assistant médical ?
Le dispositif d’aide à l’emploi d’un assistant médical a été créé par l’avenant 7 à la convention médicale en 2019. Il a ensuite été ajusté par le règlement arbitral de 2023, puis par la convention médicale signée en juin 2024, qui encadre aujourd’hui les nouveaux contrats.
Le principe repose sur un échange : l’Assurance Maladie verse au médecin une aide forfaitaire pour financer une partie du salaire de l’assistant médical. En contrepartie, le médecin s’engage à utiliser une partie du temps gagné pour prendre en charge plus de patients.
L’assistant médical n’est ni une secrétaire médicale classique, ni un soignant qui réalise des actes à la place du médecin. C’est une fonction intermédiaire, pensée pour fluidifier le parcours du patient au cabinet.
Quelles missions pour un assistant médical ?
Les missions sont définies par le médecin selon ses besoins et le profil de la personne recrutée. Elles relèvent de trois grands domaines :
- Les tâches administratives : accueil du patient, création et mise à jour du dossier, recueil des informations administratives et médicales, gestion de documents.
- L’assistance au déroulement de la consultation : prise de constantes (poids, taille, tension), préparation aux examens, vérification du statut vaccinal ou des dépistages, aide à l’habillage et au déshabillage.
- La coordination : organisation des rendez-vous avec d’autres professionnels de santé, suivi des parcours de soins, lien avec les structures d’aval.
Point important : les missions peuvent inclure une part administrative, mais elles ne peuvent pas se limiter à un travail de secrétariat. Un assistant médical qui ferait uniquement du standard et de la prise de rendez-vous ne correspondrait pas à l’esprit du dispositif.
Qui peut devenir assistant médical ?
Peuvent exercer la fonction d’assistant médical :
- les titulaires d’un diplôme d’État d’infirmier, d’aide-soignant ou d’auxiliaire de puériculture ;
- les titulaires du certificat de qualification professionnelle (CQP) d’assistant médical.
Une personne recrutée sans ce certificat, par exemple une secrétaire médicale expérimentée, doit suivre la formation spécifique dans les deux ans qui suivent sa prise de poste. C’est ce qui rend possible l’évolution d’une secrétaire en poste vers la fonction d’assistante médicale.
Pour aller plus loin sur la distinction entre les deux métiers, consultez notre article sur les différences entre assistant médical et secrétaire médical.
Quels médecins peuvent bénéficier de l’aide ?
Le dispositif concerne les médecins généralistes et la grande majorité des spécialistes libéraux conventionnés, à quelques exceptions près (la radiologie, par exemple). Les conditions d’éligibilité dépendent notamment de votre spécialité, de la taille de votre patientèle et de votre situation conventionnelle.
Depuis 2023, l’obligation d’exercer de façon regroupée ou coordonnée a été supprimée : un médecin installé seul peut donc en bénéficier. La convention de 2024 a par ailleurs ouvert un dispositif collectif, qui permet à plusieurs médecins d’une même structure de partager l’emploi d’un ou plusieurs assistants médicaux et de mutualiser leurs objectifs.
Pour vérifier votre situation précise, le plus fiable reste de contacter le conseiller de votre CPAM.
Combien rapporte l’aide de l’Assurance Maladie ?
Le montant de l’aide dépend du temps de travail de l’assistant médical et de l’ancienneté du contrat. Les montants communiqués pour un contrat de 5 ans, renouvelable, sont les suivants :
| Année | Assistant à mi-temps | Assistant à temps plein |
|---|---|---|
| 1re année | 18 000 € | 36 000 € |
| 2e année | 13 500 € | 27 000 € |
| À partir de la 3e année | 10 500 € | 21 000 € |
À partir de la troisième année, l’aide peut être majorée pour les médecins dont la patientèle est parmi les plus importantes de leur spécialité. Elle peut à l’inverse être réduite si les objectifs de patientèle ne sont pas atteints.
Ces montants sont donnés à titre indicatif et peuvent évoluer : vérifiez toujours les conditions en vigueur sur ameli.fr ou auprès de votre caisse. Nous détaillons les montants et les cas particuliers dans notre article dédié à l’aide CPAM à l’emploi d’un assistant médical.
Les engagements du médecin en contrepartie
L’aide n’est pas un financement sans condition. En signant le contrat avec sa CPAM, le médecin s’engage à augmenter son activité, mesurée selon des indicateurs comme :
- le nombre de patients dont il est le médecin traitant ;
- la file active, c’est-à-dire le nombre de patients différents vus au moins une fois dans l’année.
L’objectif de progression est fixé en fonction de la taille de la patientèle au moment de l’embauche : il est plus élevé pour une petite patientèle que pour une patientèle déjà importante. Le niveau d’atteinte de ces objectifs conditionne ensuite le montant de l’aide versée les années suivantes.
Votre secrétaire devient assistante médicale : la règle à connaître
C’est la situation la plus fréquente sur le terrain : un médecin souhaite faire évoluer sa secrétaire médicale vers la fonction d’assistante médicale. C’est possible, mais une règle encadre cette évolution : le caractère non substitutif du poste.
Concrètement, l’assistant médical ne doit pas prendre la place d’un emploi déjà existant. Si votre secrétaire devient assistante médicale, le poste de secrétariat ne doit pas rester vacant. Les documents d’accompagnement du dispositif indiquent qu’un nouveau recrutement sur la fonction de secrétariat est attendu dans les mois qui suivent la prise de fonction, généralement dans un délai de 6 mois. Les modalités précises sont à valider avec votre CPAM avant de lancer la transition.
Autrement dit, faire évoluer sa secrétaire ne supprime pas le besoin de secrétariat. Les appels, la prise de rendez-vous, les rappels et la gestion de l’agenda continuent d’exister, et quelqu’un doit les prendre en charge.
Qui gère le téléphone et l’agenda une fois l’organisation changée ?
Une fois que votre ancienne secrétaire se consacre à ses nouvelles missions d’assistante médicale (accueil des patients en salle, prise de constantes, préparation des consultations, coordination), elle n’est plus disponible pour répondre au téléphone en continu. Or c’est précisément le standard qui mobilise le plus de temps dans un cabinet.
Plusieurs options s’offrent alors à vous :
- Recruter une nouvelle secrétaire sur place : solution classique, mais qui implique un recrutement, une formation, une gestion des absences et un coût salarial complet.
- Laisser l’assistante médicale cumuler les deux fonctions : c’est le scénario à éviter. Le téléphone interrompt en permanence ses missions au cabinet et limite le temps médical réellement gagné.
- Externaliser la partie secrétariat avec un secrétariat médical externalisé : vos appels sont pris en charge à distance par des secrétaires médicales formées, et l’assistante médicale reste pleinement disponible pour les patients présents au cabinet.
C’est exactement la configuration pour laquelle Medicall a conçu une formule adaptée : vos secrétaires Medicall gèrent l’accueil téléphonique, la prise de rendez-vous et le filtrage des urgences, pendant que votre assistante médicale se concentre sur la consultation et la coordination. Les deux fonctions deviennent complémentaires au lieu de se concurrencer.
Mettre en place le dispositif : les grandes étapes
- Vérifier votre éligibilité auprès du conseiller de votre CPAM et définir l’option la plus adaptée (mi-temps ou temps plein, contrat individuel ou collectif).
- Définir les missions de l’assistant médical selon vos besoins réels au cabinet.
- Recruter ou faire évoluer la personne, en anticipant la formation CQP si elle n’en est pas titulaire.
- Organiser la reprise du secrétariat si votre secrétaire change de fonction, pour respecter la règle de non-substitution et ne pas dégrader l’accueil téléphonique.
- Signer le contrat avec votre CPAM, qui fixe vos objectifs de patientèle et le montant de l’aide.
- Suivre vos indicateurs chaque année pour sécuriser le versement de l’aide.
En résumé
Le dispositif assistant médical est un levier concret pour libérer du temps médical, avec une aide financière significative les premières années. Mais il transforme l’organisation du cabinet : lorsque votre secrétaire devient assistante médicale, la fonction de secrétariat doit être reprise. Anticiper ce point dès le départ permet de profiter pleinement du dispositif sans désorganiser l’accueil de vos patients.
Votre secrétaire devient assistante médicale ? Votre organisation change. Medicall a déjà la formule de secrétariat adaptée pour prendre le relais. Contactez-nous pour en parler.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un assistant médical et une secrétaire médicale ?
La secrétaire médicale gère principalement l’accueil, le téléphone, les rendez-vous et les tâches administratives. L’assistant médical peut assurer une partie de ces tâches, mais il intervient aussi dans la préparation et le déroulement de la consultation ainsi que dans la coordination des soins. Ses missions ne peuvent pas se limiter au secrétariat.
Ma secrétaire médicale peut-elle devenir assistante médicale ?
Oui, à condition de suivre la formation d’assistant médical (CQP) dans les deux ans suivant sa prise de fonction. Le poste de secrétariat ne doit toutefois pas rester vacant : il faut prévoir qui reprend cette fonction. Les modalités sont à confirmer avec votre CPAM.
Le dispositif est-il réservé aux médecins généralistes ?
Non. La grande majorité des spécialités libérales sont éligibles, avec quelques exceptions. Les objectifs de patientèle sont adaptés à chaque spécialité.
Un médecin installé seul peut-il bénéficier de l’aide ?
Oui. L’obligation d’exercice regroupé ou coordonné a été supprimée en 2023. Les médecins exerçant en groupe peuvent par ailleurs opter pour le dispositif collectif prévu par la convention de 2024.
Comment continuer à répondre au téléphone si ma secrétaire devient assistante médicale ?
Vous pouvez recruter une nouvelle secrétaire ou externaliser le secrétariat téléphonique. Avec un télésecrétariat médical comme Medicall, vos appels et votre agenda sont gérés à distance, et votre assistante médicale reste disponible pour les patients présents au cabinet.
Sources
Les montants et conditions évoluent avec la convention médicale : vérifiez toujours les règles en vigueur auprès de votre CPAM ou sur ameli.fr.
- Assurance Maladie, « Dispositif d’aide à l’emploi d’un assistant médical », Points de repère n°55, décembre 2024
- Assurance Maladie, circulaire CIR-8/2023 (règlement arbitral et évolutions du dispositif assistant médical)
- Assurance Maladie, avenant 7 à la convention médicale (2019)
- Légifrance, arrêté du 7 novembre 2019 relatif à l’exercice de l’activité d’assistant médical
- MACSF, « Assistant médical : les bonnes raisons de recruter »
- URML Normandie, « L’assistant médical » (questions-réponses)
- IRDES, « Les assistants médicaux en France et dans les pays de l’OCDE », synthèse, octobre 2023
- FMF, « Assistants médicaux : convention et contrats » (dispositif collectif)